vendredi 28 novembre 2008

Lancement officiel de la pétition à LAVAL

Lundi 1er décembre. 13h30. Palais de Justice d’ANGERS. Procès de Jean-Marc Briais-Tanguy, poursuivi pour outrage par 3 policiers, pour avoir "par son attitude narquoise, tenté de rabaisser devant le public des fonctionnaires de police".
Tout démarre à la préfecture d’Angers, lors d'un banal retrait de carte grise. Pour avoir émis quelques doutes sur l'efficacité des services chargés de la délivrance des cartes grises, Jean-Marc, 43 ans, juriste, fonctionnaire, citoyen on ne peut plus tranquille, s'est retrouvé en garde à vue, puis évacué aux urgences du CHU d'Angers, suite à un grave problème de santé (crise de coliques néphrétiques suivi d’un évanouissement). Une fois de plus, c'est l'histoire d'un citoyen ordinaire qui se retrouve pris dans l'engrenage: violences policières, vexations, refus de soins, interdiction de boire et de s'alimenter, vol d'argent liquide (100€) par des fonctionnaires de police, etc. Le procès de Jean-Marc a été reporté au 9 mars 2009 en raison de la plainte déposée contre les policiers.

20h30. LAVAL. A la Maison de quartier d’Hilard, le comité de soutien à Hervé Eon (condamné à 30€ d'amende avec sursis pour offense à Nicolas Sarkozy) organisait une réunion. Avec Hervé Eon et Jean-Jacques Reboux (co-fondateurs du Codedo, tous deux mayennais), Jean-Marc Briais-Tanguy et M’hamoud Bellouti (condamné à 2.000€ d'amende pour procédure abusive et téméraire envers le fils du chef de l'Etat, Jean Sarkozy, dans la scandaleuse affaire dite "du scooter" (dont nous reparlerons très bientôt). En présence de France 3 et de l’AFP, nous avons lancé officiellement notre grande PETITION.
Dessin de Chaunu paru dans Ouest-France (1/12/08), qui a annoncé le lancement de la pétition en première page et consacré un long article au CODEDO en page "société" (800.000 lecteurs).


mercredi 26 novembre 2008

Outrage à Sarkozy: Romain Dunand condamné à 800€ d’amende, dont 600 avec sursis

La Cour d'appel de Paris a rendu son verdict ce mercredi. Romain Dunand, condamné le 14 février 2008 à 800€ d'amende, avait fait appel. Le ministère public avait requis une amende de 1.000€. La cour, relevant "l'absence d'antécédents judiciaires du prévenu et le caractère non public du délit", a prononcé une peine de 800€, dont 600€ assortis du sursis. Selon le communiqué de l’AFP sur le site du Parisien, il s'agit donc d’une "peine allégée". Il n'en reste pas moins que les termes de l’arrêt sont sans ambiguïté: l’assimilation de la politique du ministère de l’Intérieur [Sarkozy, à l'époque] avec Vichy est "déshonorante envers le ministère de l'Intérieur" et, à ce titre, Romain Dunand a "excédé les limites de la liberté d'expression politique".
Comparer la politique d’expulsion des sans-papiers par le Gardien de l’Identité nationale Brice Hortefeux à la politique de Vichy est donc désormais un délit. Qu'on se le dise!

mardi 25 novembre 2008

Chroniques (outragées) de la République Banania (1)

Le manant téméraire, le prince outragé, le scooter et les juges malades de la trouille.
Dans une de ses plus cinglantes fables, Les animaux malades de la peste, La Fontaine faisait mouche avec cette formule (empruntée à Plaute): "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir." Cette formule, qui a fait le bonheur des échotiers, des moralistes et des philosophes de comptoir, ne s’est jamais démentie depuis. A moins d’être totalement inculte, de se tenir assez peu informé des choses de la cité ou de pratiquer la langue de bois la plus vermoulue qui soit, nul ne peut ignorer à quel point la justice est, très souvent, une justice "de classe", quand il ne s’agit pas d’une justice d’exception. Des tribunaux militaires de la guerre 14 aux tribunaux d’exception du régime collabo de Vichy, en passant par les lois scélérates, les erreurs judiciaires, les affaires d’Etat classées qui ont fait le déshonneur de la République, la répression judiciaire des luttes militantes (voir la récente condamnation du DAL pour le soutien aux mal-logés rue de la Banque, les poursuites contre les militants du RESF ourdies par de zélés préfets, dont certains doivent cultiver en secret la nostalgie du régime sus-nommé), on croyait, en France, avoir tout vu. On se trompait. Avec l’élection de Nicolas Sarkozy, on a passé un cap… (On ne parlera pas ici des affaires Eon, Bertrand, et autres babioles vaudoues, qui font tout le prestige et la grandeur éternelle, quasi-gaullienne, de notre président.)
Si tout le monde a entendu parler de "dénonciation calomnieuse", la plupart de nos concitoyens ont appris récemment qu’une épée de Damoclés plus terrible encore, une sorte de procédure d’intimidation massive planait au-dessus de leur pauvre petite tête de manants: la "procédure abusive et téméraire". Abusive, soit. Le mot est parlant, et se conçoit aisément au niveau du droit, comme un rempart. Mais téméraire? Même si, vérification faite, le mot existe bel et bien dans le droit civil, on est là dans un tout autre registre. Téméraire, cela évoque la hardiesse, l’audace, l’impudence belliqueuse de ceux, qu’en d’autres temps, on appelait les "chevaliers"… Et c'est un de ces chevaliers des temps modernes dont il est question ici.
Le Don Quichotte en question s’appelle M’hamed Bellouti. Il a 37 ans, son destrier carbure au sans-plomb 95, il est actuellement au chômage, il vit à Saumur et sa quête lui a déjà coûté la bagatelle de 5.000€. Et l’obstacle qu’il a fort impudemment heurté avec sa lance n’est pas un moulin, mais un scooter. Le scooter de Jean Sarkozy. Autrement dit, le carosse (à 2 roues) du Prince (du 9.2). M’hamed Bellouti, donc, entre en collision avec un scooter, place de la Concorde, à Paris, le 14 octobre 2005. Le conducteur du scooter prend la fuite, non sans s’être, semble-t-il, débarassé des plus élémentaires convenances en levant un doigt offensant. Bellouti enregistre l'immatriculation du scooter avec son téléphone portable, porte plainte, demande réparation (261€). S’en suit un feuilleton médiatico-judiciaire, très bien résumé sur Le Post. Un procès a lieu, très médiatisé. 4h30 de débats pour un scooter. Le 29 septembre 2008, le verdict tombe, implacable, ridicule, on aurait presque envie de dire… sarkozien! Le plaignant est non seulement débouté, mais condamné aux dépens à une amende de 2.000€ pour procédure abusive et téméraire.
Ecœuré par ce déni de justice qui ressemble comme deux gouttes d’eau à… un OUTRAGE (l’outrage fait au citoyen lambda, bon qu’à voter et à fermer sa gueule, et dont aucun juge ne parlera jamais), M’hamed Bellouti fait appel. Jean Sarkozy, nullement effarouché, protégé par ses nagy-bosciennes et élyséennes ascendances, culotté comme on sait l’être à Neuilly, n’écoutant que son courage princier, monte à sa chambre, endosse sa panoplie de Prince Charming shrékien (photo ci-contre, garantie sans Photoshop), et il fait aussi appel, afin de réclamer encore plus de sarkozine pour mettre dans son scooter (le pauvre chérubin avait réclamé 4.000€ de dommages-intérêts en première instance: au prix où est le plein de super, les 2.000€ accordés par les juges relèvent de l’obole!).
En attendant le procès en appel (5 mars 2009), M’hamed Bellouti organise sa riposte. Comme il l’écrit au CODEDO, "il est des moments où la solitude face à l’injustice est un lourd fardeau". (Ce n’est pas un outrageur outragé qui le contredira.) Créé par deux travailleurs sociaux à la retraite de Saumur, son comité de soutien (leur site se trouve ICI) a organisé le 28 novembre à Saumur une réunion d'information, à laquelle étaient présentes 70 personnes. Et comme M’hammed Bellouti est fauché, ses amis ont lancé une souscription pour l'aider à payer ses frais d'avocats. On peut envoyer des sous à cette adresse. 
Comité de soutien M’hamed Bellouti - BP 90044 - 49402 Saumur cedex

Procès d’Eunice Barber : 5.000 € d’amende pour avoir résisté à une interpellation violente

Mercredi 26 novembre 2008 avait lieu devant le tribunal correctionnel de Bobigny le procès d’Eunice Barber, poursuivie pour refus d’obtempérer, outrage et rébellion. Née au Sierra Leone en 1974, Eunice Barber arrive en France à l'âge de 18 ans et obtient la nationalité française en 1999. Championne olympique d'heptathlon et de saut en longueur, sa vie bascule le samedi 18 mars 2006 à Saint-Denis lorsqu’elle se retrouve arrêtée en voiture à un barrage de police, alors qu’elle accompagne sa mère chez le coiffeur.
Eunice Barber, qui a toujours reconnu s’être défendue (au tribunal, on appelle ça "rébellion") face à la violence des 6 flics l’ayant arrêtée (l’un d’eux la traitera de "cannibale"), avait passé 28 heures en garde à vue. Conclusion de l’IGS (Inspection générale des services): RAS. Pour se rafraîchir la mémoire : la vidéo de son arrestationqui avait à l'époque défrayé la chronique, en raison de sa notoriété. Pour une affaire de violences policières médiatisée comme celle-ci, combien restent dans l’ombre?
Le Parquet a requis 2 mois de prison avec sursis. Eunice Barber a été condamnée à 5.000€ d’amende.

dimanche 23 novembre 2008

Paroles d'ex-flics : l'outrage, le signe évident d’une erreur de comportement policier

Eric YUNG, producteur à Radio France, bien connu des auditeurs de France Inter où il anima l’émission Philantropolar, a été policier pendant 8 ans. Il a raconté son expérience dans un livre édifiant, La tentation de l’ombre (le cherche-midi). Voici ce qu'il déclare au CODEDO: "Au début des années 70, dans le cadre de la formation professionnelle des gardiens de la paix de la Préfecture de Police, effectuée au CAPU (Centre d'apprentissage des policiers en uniforme) à Vincennes, les professeurs (policiers de tous grades: brigadier, brigadier-chef, officier) enseignaient aux élèves que l’outrage fait à un agent de la force publique était un signe évident d'une erreur de comportement du policier. A l'époque, les professeurs insistaient sur le fait que dans une carrière, "un policier pouvait être victime une fois d'un outrage mais que si, durant cette même carrière, il usait souvent de cette infraction pour faire valoir son autorité, il devait s'interroger sur son propre comportement vis-à-vis des personnes qu'il interpellait". Un enseignement si souvent répété, ajoute Eric Yung, que les formateurs soulignaient aux élèves gardiens de la paix que
 l’administration n'aimait pas beaucoup voir venir dans leurs bureaux des procédures d'outrage, et que la répétition ce celles-ci pouvait influencer défavorablement la note annuelle d'appréciation du formation du fonctionnaires.

N'en déplaise aux syndicats-maison, embourbés dans une rhétorique/langue de bois corporatiste, les temps ont bien changé, et la tentation de l’outrage est devenue (comme le tutoiement systématique et le comportement "cow-boy" des BAC) une seconde nature chez beaucoup de policiers (et, de plus en plus, de gendarmes). Ainsi qu'en témoigne Jamel BOUSSETA ex-CRS radié de la police pour non-respect du devoir de réserve après avoir écrit un livre très critique sur l'institution (Jamel le CRS, révélations sur la police de Sarkozy, éditions Duboiris), livre qui lui valut d'être tabassé par ses ex-collègues… Voici ce qu'il déclarait sur Canal+ lors de l'émission Dimanche+ (23/11/08): "Il y a des collègues qui sont des professionnels de l'outrage-rébellion et de la provocation!" Rappelons que les policiers ont la possibilité de se porter partie civile et de réclamer des dommages-intérêts aux personnes qu'ils poursuivent (ce dont ils se privent de moins en moins, même si les sommes en jeu sont modestes).

vendredi 21 novembre 2008

Des outrages comme s’il en pleuvait

De nouveaux témoignages de poursuites pour outrage (dont certains totalement hallucinants, mettant en cause des gendarmes) sont arrivés sur la b@l du CODEDO à la suite de l’émission le téléphone sonne. Notre site connaissant quelques soucis techniques (certains fichiers joints ne s’ouvrent plus), on en parlera plus tard. Continuez à nous envoyer vos témoignages en précisant si vous acceptez d’être filmé(e) (car des documentaires sont en préparation pour deux chaînes de télévision).
En parlant de gendarmes, lire cet article de La Dépêche du Midi sur une descente de pandores à l’Ecole des Métiers d’Auch.
Vous êtes très nombreux à vouloir adhérer au CODEDO. Sachez qu’il n'y a pas d'adhésion (on n’a pas l'intention de créer une structure juridique, trop de boulot, et le CODEDO n’est pas fait pour durer). Pour nous aider, en attendant de signer la pétition (début décembre), achetez notre Lettre au garde des Sceaux pour une dépénalisation du délit d'outrage (5€) dont les ventes sont hélas inversement proportionnelles à l'intérêt suscité par notre initiative, ce qui est dommage car ce bouquin (qui ne fait pas la vitrine des librairies) est à l'origine du collectif, et l’éditeur/outrageur (Après la Lune) ne roule pas sur l’or.

jeudi 20 novembre 2008

"Faut-il dépénaliser le délit d’outrage?" 56,5 % des auditeurs du Téléphone sonne votent OUI

Le 19 novembre 2008, le téléphone sonne d’Alain Bédouet était consacré au délit d’outrage. Invités: Laurence MOLLARET (Syndicat de la Magistrature), Francis MASANET (UNSA-Police) et Jean-Jacques REBOUX (CODEDO).
Sondage effectué sur le site de France Inter (2.858 votes) Faut-il dépénaliser le délit d’outrage? 56,5 % répondent OUI. 32.6% NON. 10,9% ne se prononcent pas.
D’après les réactions des auditeurs, il semblerait que nous ayions un travail pédagogique à effectuer en direction des enseignants (un certain nombre d’entre eux sont soulagés à l’idée de pouvoir être "protégés" (depuis 2003, en tant que "personnes chargées d’une mission publique") par le délit d’outrage, alors qu’il leur serait tout à fait possible de se défendre (en cas d’agression d’un élève, par ex.) si l’outrage était dépénalisé. Rappelons que le nombre de professeurs ayant porté plainte pour outrage est quasi-nul, ce qui peut s'expliquer par le fait que les profs, à la différence des policiers (toujours prompts à dégainer la menace navrante de l’outrage et à assouvir leurs instincts répressifs), sont capables de gérer des situations de crise en privilégiant le dialogue et l’INTELLIGENCE.

Synthèse de cette émission (où fut surtout évoqué l'outrage aux policiers, au détriment de l'outrage comme outil de répression des luttes militantes) : la représentante du Syndicat de la Magistrature était tout à fait favorable à notre initiative. Le représentant de l’UNSA-Police, très mesuré (et très en colère contre Sarkozy, tous les flics ne sont pas en vénération devant le Totem de l'Ordre élyséen), a beaucoup insisté sur la désastreuse "politique de résultat" (faire du chiffre, pour faire grimper le taux de résolution des infractions, mais aussi pour ramener du pognon dans les caisses de l’Etat – tout en supprimant 10.000 postes de policiers, ce qui aura pour conséquence d’aggraver les tensions, déjà insupportables entre policiers et citoyens). Cette politique du tout-répressif, érigée en dogme par Nicolas Sarkozy lorsqu’il prit les commandes place Beauvau, n’a guère évolué depuis que Michèle Alliot-Marie occupe ces fonctions. Les hommes (les femmes) changent. Les politiques demeurent. Celle du ministère de l'Intérieur se décide à l’Elysée, et Claude Guéant est son prophète.

mercredi 19 novembre 2008

Le coin du bookmaker : Rachida Dati nous répondra-t-elle avant de quitter la Chancellerie?

Le 6 juin 2008, la Lettre au garde des Sceaux pour une dépénalisation du délit d’outrage de Dunand/Reboux était envoyée à Mme le garde des Sceaux, ainsi qu’à MM. Patrick Gérard (directeur de cabinet, qui vient tout juste d’être démis de ses fonctions), Philippe Logak, (chargé de la révision constitutionnelle), Guillaume Didier (porte-parole), Yannick Imbert (chef de cabinet, qui a depuis claqué la porte de la Chancellerie). Le livre fut aussi envoyé au président de la République, à M. Claude Guéant (secrétaire général de l’Elysée) et à quelques personnalités proches du Pouvoir. 169 jours plus tard,  et bien que le service public des PTT n’ait montré aucun signe de défaillance, aucune de ces personnes n’a daigné répondre à nos doléances légitimes de citoyens, ni même accuser réception. [J. Chirac et J.-L. Debré, interpellés en 2006 sur le problème des violences policières, avaient eu la courtoisie de nous répondre.]
C’est pourquoi nous avons décidé de porter l’affaire sur la place publique, en créant le CODEDO, puis en lançant notre pétition qui sera remise à la Chancellerie et à l’Elysée le 23 février 2009, à l’occasion d'une grande journée nationale contre l’outrage.


lundi 17 novembre 2008

Pour en finir avec le crime de lèse-majesté : une seule solution

Abrogation de l’article 26 de la loi du 29 juillet 1881, relatif à l’offense au président de la République
Le 6 novembre 2008, Hervé Eon était déclaré coupable d’offense au président de la République par le tribunal correctionnel de Laval et condamné à 30€ d’amende avec sursis. Son crime? Avoir brandi, lors du passage du cortège présidentiel, un carton reprenant la célèbre injure du président Sarkozy: Casse-toi, pov’con! Considérant ce jugement comme une volonté d’intimidation et de criminalisation de l’engagement militant, Hervé Eon a fait appel.

L’article 26 de la loi du 29 juillet 1881 [sur la liberté de la presse] relatif à l’offense au président de la République s’inscrit dans une filiation monarchique : le crime de lèse-majesté. Ce délit, tombé depuis 34 ans en désuétude, vient d’être réactivé par le président Sarkozy, dans un contexte d’explosion du délit d’outrage, de pénalisation des rapports sociaux, de répression des luttes militantes par voie judiciaire, d’atteintes répétées à la liberté d’expression.
Parce que ces dangereuses dérives laissent à craindre une résurgence du délit d’opinion. Parce qu’il existe suffisamment de dispositions juridiques concernant la protection de la vie privée, y compris celle du chef de l’Etat. Parce que le délit d’offense aux chefs d'Etat étrangers a été aboli par la loi Perben II du 9 mars 2004, après que la France eût été, le 25 juin 2002, condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme.
  Le CODEDO (Collectif pour une dépénalisation du délit d'outrage) demande l’abrogation du délit d’offense au chef de l’Etat. Notre appel fera l’objet d’une pétition réclamant également la dépénalisation du délit d’outrage, qui sera présentée le 1er décembre 2008 lors d’une soirée-débat* à Laval. Cette pétition sera remise au garde des Sceaux et au président de la République le 23 février 2009.

* Lundi 1er décembre 2008 à 20h30, salle de la maison de quartier d’Hilard - 48, rue d’Hilard 53000 Laval, en présence d’Hervé Eon et de Jean-Jacques Reboux, co-fondateurs du CODEDO.

Entre deux outrages, vous reprendrez bien un peu de diffamation ?

Outrage/diffamation : sphère privée/sphère publique.
Le 4 décembre 2008 à 13h30 aura lieu à Paris le procès en appel opposant l’Opus Dei aux éditions Après la Lune (qui ont publié la Lettre au garde des Sceaux).

Rappel des faits. 31 mai 2007. L’Opus Dei, qui n’avait pas bougé lors de la sortie du Da Vinci Code [publié par une filiale du groupe Hachette-Lagardère], attaque en diffamation Catherine Fradier, auteure de Camino 999, et son éditeur Jean-Jacques Reboux, directeur des microscopiques éditions Après la Lune [et co-fondateur du Codedo]. L’Opus Dei demande 30.000€ de dommages-intérêts. 21 novembre 2007. L’Opus Dei est déboutée et condamnée à verser 2.000€ de dommages-intérêts. 5 décembre 2007. L’Opus Dei, mauvais joueur, fait appel. 4 décembre 2008. Procès en appel.

Pour en savoir plus sur cette affaire : le site Camino 999.

vendredi 14 novembre 2008

Face à la police/face à la justice : un livre pratique

Si vous êtes poursuivi(e) pour outrage (ou pour toute autre raison), plongez-vous dans ce petit livre extrêmement bien ficelé, Face à la police/face à la justice, de Elie Escondida et Dante Timélos, aux éditions L’Altiplano. Il vous en coûtera 5€.
On peut également consulter le site Service public pour une vue d'ensemble sur les démarches.

Le conseil du CODEDO.
Vous voulez porter plainte (notamment pour violences policières)? Evitez de déposer votre plainte dans un commissariat et écrivez au Procureur de la République.


jeudi 13 novembre 2008

Outrage à PANDORE EN CIVIL, une production du TGI de Pontoise


Le 6 novembre, le JT de France 2 (David Pujadas) a proposé un sujet sur le délit d'outrage, réalisé par Sophie Rodier (avec qui nous sommes en contact depuis la création du Codedo). Comme souvent à la télé, les ellipses, les imprécisions sont nombreuses. Mais c'était un début… Lors de ce reportage, on a pu entendre deux témoignages fort intéressants, mais trop brefs, sur lesquels il convient de revenir.
Serge Szmuszkowicz, condamné le 15/09/08 par le tribunal de Pontoise à une amende de 500€ (alors que le procureur avait requis 500€ avec sursis) pour avoir outragé un gendarme… en civil, sur le parking d’un supermarché! Pour en savoir plus sur cette affaire, CLIQUER CI-CONTRE
Le conseil du CODEDO. Avant de vous engueuler avec un passant, demandez-lui s’il ne fait pas, par le plus grand des hasards, partie de la police ou de la maréchaussée! (mais ATTENTION, poser cette question à un gendarme ou un policier, même en civil, peut constituer… un outrage!)

AFFAIRE RATCHEL : quand un crachat dans l’herbe conduit à l’outrage et à la barbarie raciste
Jérémie Ratchel, relaxé en décembre 2006 de l’accusation d’outrage par le tribunal de Bobigny, quasiment avec les excuses de la Cour.
Là, on abandonne le pandore fier-à-bras de Pontoise pour les keufs barbares… On entre dans le domaine effrayant des violences policières. Qui se déroulent, non pas dans le Chili de Pinochet, contrairement aux apparences, mais bel et bien en France, à Villepinte (Seine-Saint-Denis) en 2003. L’histoire de Jérémie (et de son père, Jean-Marie, décédé peu après) est terrifiante. En France, il est possible de matraquer un homme à terre, sans défense (cancéreux en phase terminale, portant ostensiblement un catéter) et dans la plus totale impunité. En France, il est possible d’entendre un ministre de l’Intérieur (Nicolas Sarkozy) s’exclamer deux mois plus tard au journal télévisé (sans être contredit): "En France, il n’y a pas eu de bavures policières depuis 18 mois!" CLIQUER CI-CONTRE (lien inactif… on répare).

mardi 11 novembre 2008

Calais-Vesoul : 2 militants poursuivis pour outrage

VESOUL. Le procès de Simone Levavasseur (13/11) poursuivie pour outrage par le préfet, a été repoussé au 19 février 2009 à 9h.
LES FAITS. Suite à l’expulsion d'une jeune femme georgienne vers Tbilissi, en décembre 2007, Simone Levavasseur, militante syndicale, associative (collectif Raba), politique (Verts), réagit en envoyant à la préfecture de Haute-Saône un courriel dans lequel elle établit un parallèle entre "l’actuelle politique gouvernementale en matière d’immigration" et "le début des années 1940".

Autre exemple de la criminalisation des luttes militantes via le délit d’outrage.
CALAIS. Jean-Claude Lenoir poursuivi pour outrage à agent
Jean-Claude Lenoir, vice-président de l’association Salam, qui aide les réfugiés à
Calais, est poursuivi pour outrage à l’issue d'une chasse aux migrants afghans effectuée par hélicoptère les 6 et 7 novembre, sur ordre du ministre de l’Identité nationale – traque à l'issue de laquelle 54 Afghans ont été mis en rétention à Calais. Son procès aura lieu le 25 février 2009 à Calais. Jean-Claude, déjà condamné, dans une première affaire à un mois de prison avec sursis (pour outrage à CRS), risque donc un mois de prison ferme.
LES FAITS. Tous les détails sur cette affaire dans Libération, et sur le site de Nord-Littoral. Ainsi que le communiqué de la Ligue des droits de l’Homme sur le site de l’association Salam.

jeudi 6 novembre 2008

"Casse-toi pov'con" sur un carton, ça coûte 30 € (avec sursis)

Le tribunal correctionnel de Laval rendait ce 6 novembre son délibéré dans le procès d’Hervé EON, poursuivi pour offense au président de la République (pour avoir brandi une affichette "casse-toi pov'con!"). Le Parquet avait requis une amende de 1.000 euros. Devant la vacuité du dossier, l’avocate d’Hervé Eon, Dominique Noguères, avait plaidé la relaxe.
Le tribunal a condamné Hervé Eon à une amende de 30 € avec sursisHervé a fait appel.
REUNION-DEBAT de soutien à Hervé Eon - lundi 1er décembre à 20H30 à LAVAL

A lire sur le blog de Jean-Luc Mélenchon (témoin au procès Eon) Un vieux délit d’opinion ressuscité, une intéressante analyse sur la "réintroduction" du crime de lèse-majesté par Nicolas Sarkozy.

mardi 4 novembre 2008

Maurice Rajsfus : 2 débats et une tribune sur Rue89

Après Miguel BENASAYAG et Angélique DEL REY, auteurs de La chasse aux enfants, l'effet-miroir de l’expulsion des sans-papiers (La Découverte), l’EMDP (8 impasse Crozatier 75012 Paris) propose une rencontre-débat avec Maurice RAJSFUS le vendredi 14 novembre 2008 à 19h autour de ses 4 derniers livres, Candide n'est pas mort, Les mercernaires de la République, 17 rue Dieu et  Portrait physique et mental du policier ordinaire (Après la Lune).