mardi 27 septembre 2016

Des inculpés de l’affaire dite "de Tarnac" écrivent à Bernard Squarcini


Lundi 26 septembre, Bernard Squarcini, ancien directeur de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, aujourd’hui DGSI), a été placé en garde à vue dans les locaux de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) dans le cadre d’une information judiciaire ouverte notamment pour « violation du secret de l’instruction », « entrave aux investigations », « compromission », « violation du secret professionnel » et « trafic d’influence ». La suite dans Le Monde.
À cette occasion, des inculpés de l’affaire dite "de Tarnac" écrivent une lettre fort gouleyante à Bernard Squarcini. C'est à lire sur le site lundimatin.

Guillaume Vadot, agressé par des policiers à la gare de Saint-Denis : la banalité du fascisme policier dans la France de l’état d’urgence

Guillaum Vadot, l’enseignant de 28 ans agressé le 23 septembre par des policiers à la gare RER de Saint-Denis [lire ci-dessous] pour avoir voulu filmer l'interpellation brutale d’une femme noire, déclare à Révolution permanente : "Ce qui m'est arrivé reste banal. Cela s’inscrit dans un contexte national. Ce qui ne l’est pas, c’est que ce soit arrivé à moi."
Me Slim Ben Achour, Guillaume Vadot
Le site Têtu rappelle l’homophobie des flics. "Ils m’ont accusé d’être allié de Daech. Les menaces de viol étaient accompagnées d’attouchement. Les insultes homophobes étaient une volonté de domination de la part des policiers." Son avocat, Slim Ben Achour, ajoute : "Il ne s’agit pas d’un fait divers, mais d’un système." et souligne "la volonté des policiers de détruire les preuves" (le film de l’arrestation violente de la voyageuse, dont une partie a pu être récupérée sur le disque dur de son téléphone.)
Guillaume Vadot a déposé deux plaintes (devant  le Défenseur des droits et le procureur de la République) pour "abus d’autorité, violences volontaires, agression sexuelle, menaces de mort et de viol" contre X.
Amine Bentounsi
Un procès devrait donc avoir lieu en 2017, devant le tribunal de Bobigny. Le parquet de Bobigny étant le plus récalcitrant de France (le seul ?) à la doctrine ultrasécuritaire qui sévit dans la France de l’état d’urgence, où les policiers font subir – en toute impunité – toutes sortes de violences aux citoyens, notamment dans le cadre des manifestations contre la loi El Khomery, on peut espérer que l’affaire ne sera pas classée sans suite, comme c’est presque toujours le cas lorsque des policiers sont mis en cause, et donnera lieu au grand débat national sur ce sujet tabou que sont les violences policières en France. À noter qu’aura lieu en 2017, devant la même juridiction, le procès en appel de Damien Saboudjian, le policier qui a tué d'une balle dans le dos Amine Bentounsi en 2012, acquitté en première instance.

L'intégralité de la conférence de presse de Guillaume Vadot est visible ICI.

EXTRAITS
"Le pire en réalité n’était pas la douleur. Les deux flics qui sont sur moi sont surexcités. Et ils se lâchent. Crânes rasés, les yeux brillants, j’ai du mal à croire que la scène qui suit est réelle. "On va te tuer, tu es mort, on va te défoncer, je te crève là sur place dans dix minutes." Et au fur et à mesure que les cartilages s’étirent sous la torsion, ils remontent mes poignets dans mon dos, et augmentent la torsion. Celui de gauche me met la main sur les fesses. "T’as cru que t’allais jouer avec la police? Regarde comme on va jouer avec toi." Et il me met une première béquille. Puis il remet sa main sur mes fesses. Avec les clés de bras, je ne peux plus respirer normalement. Nouvelle béquille. "On va te violer, ça te plaît ça? Je vais te violer et on va voir si après tu filmeras la police."  Ça continue. "Tu soutiens Daech c’est ça? Quand ils vont venir tu feras quoi? Tu vas les sucer?  Faudra pas pleurer et demander qu’on te protège." Je n’ai réalisé que plus tard qu’ils étaient en train de parler de Daech... pour justifier leur attitude face à une femme racisée qui avait oublié son pass Navigo. Ils ouvrent mon sac et prennent mon portefeuille, le vident dans mon dos. Ils me prennent mes clopes en me disant de m’asseoir dessus. Ils trouvent ma carte de prof précaire à la fac. "T’es prof ? Quand l’Etat islamique viendra à la Sorbonne tu vas les regarder en te branlant?" Celui de gauche: "Regarde-moi sale pédé. Sale pute. Tu habites là-bas hein? (Il montre mon immeuble). "Je vais venir chez toi, je vais mettre une cagoule et je vais te violer."

lundi 26 septembre 2016

Violences policières à la gare RER de Saint-Denis : « On va te violer, on va venir chez toi, on va venir à la Sorbonne vous exterminer toi et tes collègues »

Guillaume Vadot, professeur à la Sorbonne et militant NPA, a été violenté par la police pour avoir filmé l'interpellation brutale d'une femme noire à la gare RER de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Cette histoire terrifiante, racontée dans un premier temps sur la page Facebook d'un universitaire collègue de la victime (post censuré par Facebook), a été dévoilée sur le site du NPA, Révolution Permanente.
L’information a été reprise par Libération et commentée par Christian Salmon sur son blog Médiapart.
Lors d’une conférence de presse, la victime a déclaré que les policiers avaient supprimé la vidéo de son portable, qui a néanmoins été retrouvée sur le disque dur de son appareil. Deux plaintes vont être déposées, l’une devant le procureur de la République, l’autre devant le Défenseur des droits. Cette affaire en dit long sur le racisme viscéral de certains policiers, dont il est permis de penser qu’ils ne constituent pas des exceptions, comme le fait remarquer l'avocat de Guillaume Vadot, Me Ben Achour Slim : "Il ne s'agit pas d’un fait divers, mais d’un système."
Compte-rendu de la conférence de presse sur Révolution permanente.

mercredi 21 septembre 2016

Place de la République, 15 septembre. Laurent Théron, un œil crevé par un projectile tiré par un CRS

Place de la République, 15 septembre. Photo Samuel Boivin
Tandis qu’aux États-Unis les policiers racistes assassinent à une cadence échevelée des Noirs dont le seul tort est d’avoir la peau noire, en France, la cadence des violences policières ne faiblit pas. Dernière victime en date, Laurent Théron, secrétaire médical de l’AP-HP, militant SUD, qui a eu la très mauvaise idée de se trouver dans la trajectoire d’une grenade de désencerclement tirée par un CRS, alors qu’il se trouvait dans un endroit "calme" de la manifestation parisienne du 15 septembre contre la loi Travail.
Ces nouvelles violences policières s’inscrivent dans le droit fil de la répression d’État démarrée à Sivens, où Rémi Fraisse fut assassiné, poursuivie dans le cadre de la répression contre les manifestants anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes, où plusieurs personnes avaient perdu un œil, et qui a trouvé son point d’orgue depuis le mois de mars avec la répression policière contre les opposants à la loi Travail. Elle pose la question de l’interdiction des flash-ball et autres LBD (lanceurs de balles de défense) et du droit de manifester, remis en cause par Manuel Valls, le ministre Cazeneuve et le préfet de police Michel Cadot depuis mars 2016. Elle pose aussi la question d’une police qui n’est plus au service de la République et des citoyens, mais au service de l’État, lui-même commis d’instances patronales et européennes défendant des intérêts industriels privés, et pour qui le Bien public et le droit des citoyens est le cadet des soucis.
On lira à ce sujet L’arme à l’œil (Le Bord de l’eau), le très instructif livre de Pierre-Douillard Lefèvre, qui fut mutilé lors d'une manifestation à Nantes en 2007.
Laurent Théron, interviewé par Libération, explique que son œil a pu être sauvé mais que sa vision est perdue. Son témoignage sur FranceInfoTV. Il a porté plainte et a été entendu par l’IGS.

lundi 22 août 2016

Le procureur de la République de Laval poursuit un militant ayant crié "Casse-toi pov’con!" à Emmanuel Macron pour outrage

Hervé Eon lors de son procès
Le 23 juillet 2013, après avoir été condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme, la France abrogeait le délit d’offense au président de la République. À l’origine de ce vote historique, trois personnes : un président de la République mal élevé (Nicolas Sarkozy-"Casse-toi-pov’con!"), un militant facétieux (Hervé Eon, co-fondateur du CODEDO) et un procureur à l’intransigeance variable, un certain Alex Perrin, muté depuis sous d’autres cieux, qui prit la liberté de poursuivre l’ami Eon et le risque de se couvrir de ridicule. Condamné à 30€ d'amende avec sursis pour avoir brandi une pancarte Casse-toi pov'con au passage du cortège présidentiel, recondamné en appel, Eon se battit jusqu’à la CEDH. On connaît la suite…
Alex Perrin, procureur de Laval en 2008
On aurait pu penser que les avatars du "casse-toi pov'con" sarkozien (résumés ICI) en resteraient là. C’était sans compter sur un autre procureur de la République, de Laval lui aussi, un certain Guirec Le Bras, qui vient de poursuivre en justice un manifestant ayant crié l’insulte sarkozienne au ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, lors de sa visite à Laval le 25 juillet (sans que ce dernier ait porté plainte).
Guirec Le Bras, procureur de Laval en 2016
Ce manifestant d’une vingtaine d’années, dont on ne connaît pas pour l’instant l’identité, sera jugé pour outrage le 6 décembre à Laval.
Il serait piquant que ce procès soit le prélude à la disparition du délit d’outrage, qui n’a rien perdu de sa vigueur sous le quin-quennat de François Hollande, bien au contraire – de nombreux manifestants contre la loi-travail victimes de violences policières ont été condamnés, notamment –, et dont le "sort" est actuellement entre les mains de la Cour de cassation de Paris, qui devra prochainement rendre un arrêt à propos d’un autre procès pour outrage concernant un justiciable célèbre, un certain Henri Guaino.

samedi 23 juillet 2016

Beaumont-sur-Oise. Plusieurs milliers de personnes réclament justice pour Adama Traoré

Aux cris de "Justice pour Adama", plusieurs milliers de personnes ont participé vendredi 22 juillet à Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise) à une marche blanche pour con-naître la vérité sur la mort d’Adama Traoré, 24 ans, sur-venue lors de son arrestation par les gendarmes, mardi 18 juillet.
La famille réclame une contre-autopsie, l'autopsie d’Adama – mort pendant sa garde à vue – ayant conclu à une "infection très grave" [sic] et que son corps ne portait pas de "traces de violence significatives". Le défenseur des droits s’est saisi de cette affaire.
Lire sur le Bondy blog.
Lire également : Au quartier de Boyenval, "plus personne n'a confiance".
Mort d’Adama Traoré, dans les 20h, c'est "circulez, y a rien à voir".

Les proches d'Adama prennent la parole.

Le témoignage de sa mère, affirmant que son fils n'est pas cardiaque, contrairement à ce qu'affirment les autorités préfectorales.

lundi 27 juin 2016

Contre la mise en cage du droit de manifester

Parce que la manifestation contre la loi-travail du 23 juin se passait dans un État policier, un collectif de personnalités appelle à manifester le 28 juin et à se tenir en dehors ou à proximité de la "cage" prévue par la préfecture.

Appel à lire sur Libération.

vendredi 27 mai 2016

Alexandre de Bosschère, le procureur d'Amiens qui requiert 5 ans de prison ferme contre Manon, étudiante, pour avoir jeté un micro contre un CRS. Procès le 10 juin.


Manon, étudiante en licence de Science politique à l’Université de Picardie, a participé le jeudi 28 avril à l’occupation de l’Hôtel de Ville d’Amiens, dans le cadre du mouvement social contre la loi Travail, occupation. L’occupation s’est déroulée pacifiquement jusqu’à l’arrivée musclée des forces de l’ordre qui ont procédé à l’évacuation des manifestants de façon brutale. Alors qu’un manifestant se faisait matraquer, Manon a voulu le défendre et a lancé un micro en direction des forces de l’ordre, sans occasionner la moindre blessure.
Convoquée le 12 mai au commissariat, gardée à vue pendant toute une après-midi et une nuit entière, Marion a été déférée devant le Procureur de la République, qui requiert 5 ans de prison ferme. Placée sous contrôle judiciaire, après une perquisition menée à son domicile, l’étudiante est accusée de violence à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique et de dégradation de bien public. Choquée, elle attend son jugement prévu le 10 juin.
On lira avec intérêt le papier de Pascal Maillard sur Mediapart.

Procureurs de choc : Alexandre de Bosschère, digne successeur de Bernard Favret
Bernard Favret, l’ancien
Un fois qu'on a dit cela, qu'on s'est insurgé, qu'on a signé la pétition, il convient de poser une question, que les médias s'abstiennent généralement de faire, en avançant à pas de loups, car ces gens-là de "justice" sont parfois très chatouilleux, à l'image de Brigitte Lamy, procureure de la République de Nantes, dont toutes les plaintes contre des blogueurs ou des sites, dans le cadre des violences policières à Nantes ont été classées.

Alexandre de Bosschère, le nouveau
Mais qui est ce procureur ? Qui est cet homme qui propose d'envoyer en prison pour 5 ans une jeune fille qui a jeté un micro sur un flic, qui n'a même pas été blessé ? On se souvient de Bernard Farret, procureur de la Somme, ardent diffuseur des patrons et des puissants, qui s'était illustré dans l’affaire Good Year en prononçant des peines d’emprisonnement contre des syndicalistes. Mais il ne s'agit pas de lui, puisqu'il vient de quitter ses fonctions, remplacé par Alexandre de Bosschère.
Et alors ? Alors, rien : l'homme qui vient de requérir 5 ans d'emprisonnement contre Marion pour avoir jeté un micro à la tête d'un CRS s'appelle Alexandre Bosschère. Retenez bien ce nom : il y a fort à parier qu'à l'aune du détestable climat ambiant (état d'urgence, arrestations préventives, interdictions de manifester, arrestations arbitraires, assignations à résidence, perquisitions arbitraires, violences policières institutionnalisées), on entend assez rapidement parler de ce monsieur, précédemment en poste à Rennes, dans les gazettes…

Manon, ainsi que Jules, qui comparaissait pour des raisons similaires, ont été condamnés à 90 jours de TIG (travail d'intérêt général). Ils ne feront pas appel.

mercredi 18 mai 2016

Manifestation "Stop à la haine anti-flic" : la place de la République en état de siège

La place de la République, où avait lieu la manifestation "Stop à la haine anti-flic", à l'initiative du syndicat Alliance, était ce matin en état de siège. Impossible d'y accéder. Sans doute pour éviter aux Parisiens de lire les noms des 124 personnes tuées par la police ces dernières années, dont la quasi-totalité est originaire des quartiers défavorisés et, le plus souvent, d'origine immigrée (Arabes, Noirs, etc.)

Classement sans suite de la plainte de de Brigitte Lamy, la magistrate qui estime que la police a le droit de crever les yeux les manifestants,

© La lettre à Lulu
Quatre jeunes mutilés pour raison d’État
La plainte de Brigitte Lamy contre Jean-Jacques Reboux, à qui un OPJ nantais affirmera lors de son audition, qu’il est impossible, pour un policier, de viser un manifestant, a été classée sans suite. À noter que le parquet de Saint-Nazaire, qui doit être très occupé en ces temps troublés d’état d’urgence et de manifestations à répétition contre la loi-Travail, ne s’est pas donné la peine d’informer la personne poursuivie, qui a été informé par un journaliste nantais.
Comme le rappelle le sieur Reboux sur son blog, il est donc désormais possible d’affirmer que Brigitte Lamy, procureure de la République de Nantes (promue depuis procureure générale près de la Cour d’appel d’Angers), estime que la police a le droit de crever les yeux des manifestants.
À ce propos, Pierre Douillard-Lefèvre, qui eut un œil crevé par un tir de LBD (lanceur de balles de défense) en 2007, lorsqu’il était lycéen – tout comme Quentin Torselli et quelques autres lors de la manifestation anti-ND-des-Landes de février 2014 –, vient de publier un essai passionnant, dont il est fait état ci-dessous.

Le (magnifique) portrait en pied de Brigitte Lamy écrasant de son séant un Code pénal ensanglanté a paru dans le magazine satirique nantais La lettre à Lulu.

L’Arme à l’œil. Violences d’État et militarisation de la police, un essai de Pierre Douillard-Lefèvre (Le Bord de l’eau)

Pierre Douillard-Lefèvre a été mutilé par un tir de lanceur de balle de défense (LBD) en 2007 quand il était lycéen. Aujourd’hui étudiant en sciences sociales, il vient de publier un essai édifiant, fort bien documenté, sur l’armement répressif du maintien de l’ordre : L’Arme à l’œilaux éditions Le Bord de l’eau.

Comme le rappelle cet article, le gouvernement se sert de l’état d’urgence pour empêcher la contestation de la loi-Travail. C’est dans ce cadre Pierre a été "interdit de séjour" le 17 mai à Nantes.

Nicolas de la Casinière l’a interviewé pour Reporterre.

samedi 7 mai 2016

Violences policières. "Tout est mis en place pour que ça dégénère", entretien avec un flic "lucide"

"Tout est mis en place pour que ça dégénère", note Alexandre Langlois, secrétaire général de la CGT police, à propos des manifestations contre la loi El Khomeri et de Nuit Debout, et l’ultra-violence de la répression policière. À lire dans L’Humanité.
C’est aussi la conclusion à laquelle parvient Fabien Jobard, chercheur au CNRS, dont on a déjà pu lire les analyses sur le site du CODEDO, dans un entretien au JDD.

jeudi 5 mai 2016

Siné est mort ce matin, Claude Askolovitch, Philippe Val et Jean Sarkozy sont toujours vivants


Siné fut avec Cavanna, Luz, Charb, Tignous et Loup (disparu lui aussi en 2015), l’un des premiers signataires de notre pétition demandant en 2008 la dépénalisation du délit d’outrage. Plus tard, Siné Hebdo consacra une magnifique double page à notre combat.
Ce vieux renard de Bob est mort ce jeudi matin à 8 heures. Les outrageurs ont du chagrin.
Pour celles et ceux à qui échapperaient le sens du titre : "Siné est mort ce matin, Claude Askolovitch, Philippe Val et Jean Sarkozy sont toujours vivants." Lire ICI.

mercredi 4 mai 2016

Violences policières. Bernard Cazeneuve, Michel Cadot : les fantômes de Jules Moch et de Maurice Papon


Deux mois après la publication du rapport alarmant de l’ACAT sur les violences policières en France, celles-ci n'ont cessé de se développer, avec une sauvagerie et une barbarie de plus en plus effrayantes. Parmi les nombreux articles parus sur les innombrables violences policières rythmant les manifestations contre la loi travail et les "Nuit debout", à Paris comme en province, mais aussi la manifestation parisienne du 1er mai, voici un papier paru dans Rue89, qui résume assez bien la situation.

Michel Cadot, préfet de police de Paris
On lira aussi ce billet éloquent (Quelque chose de pourri au royaume de France), sur le blog de Julien Salingue.
Suite à la manifestation de Rennes, où un manifestant a eu un œil crevé par un tir de flash-ball, Olivier Besancenot demande l'interdiction du flash-ball. À noter que dès juillet 2007, le défenseur des lois, Jacques Toubon, qui n'est pas suspect d'être un gauchiste, en avait demandé l'interdiction. Ce qui ne semble nullement émouvoir le pouvoir "socialiste" aux abois d'une France qui ressemble de moins en moins à un État de droit. 
Jules Moch
Il est permis d'affirmer que le préfet de police de Paris, Michel Cadot, semble plus proche d’un Maurice Papon (préfet de police de Paris lors des massacres d’Algériens d’octobre 1961) que d'un Maurice Grimaud (préfet en mai 1968), qui déclarait dans une "lettre aux policiers" restée fameuse : "Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. Il est encore plus grave de frapper des manifestants après arrestation et lorsqu'ils sont conduits dans des locaux de police pour y être interrogés."
Ce qui ne semble pas être le souci du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, plus proche du sinistre ministre de l’Intérieur Jules Moch qui faisait tirer sur les mineurs en 1947, quelques années avant l’arrivée dans la vie politique de Guy Mollet, dont François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls, chantres de l’État d’urgence et de la déchéance (finalement avortée) de nationalité, suite aux attaques terroristes du 13 novembre 2015, se montrent les indignes héritiers.

mardi 29 mars 2016

Pétition pour la libération de Florence Hartmann, condamnée en 2009 pour "outrage à la cour" et mise en détention à La Haye le 24 mars

Florence Hartmann lors de son arrestation
La revue Esprit lance une pétition demandant la libération de Florence Hartmann, ex-porte-parole du Tribunal international pour l'ex-Yougoslavie. Condamnée en 2009 à 7.000 € d'amende pour outrage à la cour"pour avoir divulgué dans son livre Paix et châtiment, publié en 2007, le contenu de deux décisions confidentielles, montrant que le tribunal avait abusivement conservé sous le sceau du secret des documents remis par Belgrade, utilisés dans le procès de Slobodan Milosevic", Florence Hartmann a été arrêtée le jeudi 24 mars, alors qu'elle était venue assister au verdict du procès de l'ancien président des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, condamné à 40 ans de prison pour crimes contre l'Humanité et crimes de guerres.
Lire l'article de la revue Esprit. La pétition est ICI.
Éclairage sur cette affaire scandaleuse sur FranceTVinfo.

lundi 14 mars 2016

Mauvais traitements, impunité : le rapport noir et inquiétant de l'ACAT sur les violences policières en France


Comme le signale Le Mondeau moment où l’État dote les brigades anticriminalité de la police d’armes de guerre, et alors que le Parlement discute d’un assouplissement des règles d’ouverture du feu par les forces de l’ordre, l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) publie lundi 14 mars un rapport cinglant sur les violences policières, que l’on peut consulter ICI.
Ce rapport met notamment l’accent sur l’utilisation systématique et abusive des délits d’outrage et rébellion par des policiers coupables de violences, ainsi que le note le Bondy Blog.

La pétition de l’ACAT
Après avoir enquêté sur 89 cas d’usage de la force par des policiers et gendarmes ayant entraîné des blessures graves ou des décès depuis 2005, l’ACAT lance une pétition demandant au ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve de publier régulièrement les chiffres sur :
  • L’utilisation des armes par les forces de l’ordre, et les circonstances dans lesquelles elles sont utilisées
  • Le nombre de personnes blessées ou tuées chaque année au cours d’interventions des forces de l’ordre
  • Le nombre de  plaintes déposées pour violences policières
  • Le nombre et le type de  sanctions disciplinaires ou de condamnations judiciaires  prononcées pour des faits de violences policières.

mercredi 2 mars 2016

Agora Vox pose la question de la suppression du délit d’outrage


La (pertinente) question de la suppression du délit d’outrage, plus que jamais en cours à des fins politiques depuis que Sarkozy n’est plus au pouvoir, est posée par Eleusis Bastiat dans cette tribune publiée sur AgoraVOX.

Les BAC (brigade anticriminalité) parisiennes dotées de fusils d'assaut HK G36… tirant de travers !


Pour parer d’éventuelles attaques terroristes, les BAC (brigades anticriminalité) parisiennes vont recevoir un équipement renforcé, vient de déclarer le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Parmi cet attirail, 204 fusils d'assaut HK G36, 116 pistolets à impulsion électrique (Taser), 134 lanceurs de balles de défense, 981 bâtons télescopiques de défense, 25.200 munitions de défense courte portée. D’après le journal Le Point, les fusils d’assaut HK G36, de fabrication allemande, faisant partie de cette nouvelle dotation, tireraient de travers !
Question : la première victime de ces nouvelles armes sera-t-elle : a) un terroriste – b) un jeune de banlieue un peu basané victime d'un policier raciste – c) un passant ?

Le militant CGT Joël Moreau condamné à 250 € d'amende pour outrage, pour avoir crié "Valls, je t'emmerde !"

Joël Moreau, le militant CGT interpellé à Mulhouse le 24 février, lors d’une manifestation contre la venue des ministres Valls, Macron et El Khomri [lire ci-dessous], comparaissait le 26 février devant le tribunal, après avoir passé 19 heures en garde à vue. Il ne s'agissait pas d'un procès mais d’une "composition pénale" (reconnaissance préalable de culpabilité). Il a été condamné à 750 € d'amende, dont 500 € avec sursis, pour outrage pour avoir crié "Valls, je t'emmerde !" et repris le slogan de Mai 68 "CRS, SS !"

mercredi 24 février 2016

Joël Moreau, militant CGT poursuivi pour outrage pour avoir manifesté contre la loi El Khomri à Mulhouse

Joël Moreau, militant CGT, ancien ouvrier chez PSA, 69 ans, a été interpellé lundi à Mulhouse (Haut-Rhin) lors d'une manifestation organisée en marge d'un déplacement de Manuel Valls, Emmanuel Macron et Myriam El Khomri, venus défendre le projet de réforme du Code du travail. Interpellé alors qu'il participait à une manifestation organisée devant une agence de Pôle emploi à laquelle avaient pris part une centaine de personnes, le militant a passé la nuit en garde à vue et a été libéré mardi matin. Il est poursuivi pour « outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique », en l'occurrence des gendarmes mobiles, des CRS et le Premier ministre.
   Le rassemblement était encadré par un déploiement policier de très grande envergure, empêchant les participants de s'approcher de l'agence de Pôle emploi, parqués pendant deux heures sur un parking à plusieurs centaines de mètres du lieu prévu de la manifestation. Joël Moreau aurait « haussé la voix, dénoncé le projet de loi, les attaques contre les acquis sociaux ».  Il comparaîtra vendredi devant un juge du tribunal de Mulhouse dans le cadre d'une audience simple de plaider-coupable, c'est-à-dire sur reconnaissance préalable de culpabilité.
   Ces poursuites prouvent, plus que jamais, que l’outrage, sous la "gauche" comme sous Sarkozy, est un délit politique.
    Sur France Bleu, Joël Moreau crie son indignation : "Manifester pour les générations futures c'est un droit, et je n'aime pas être humilié au nom de la communication. Ce que voulait Valls, c'était que ça soit propre, qu'il n'y ait pas de manifestants. A l'époque, ils dénonçaient ce que Sarkozy faisait, aujourd'hui ce sont eux qui le font".
D'après AFP.
Jugé en comparution immédiate, Joël Moreau a été condamné à 750 € d'amende, dont 500 € avec sursis, pour avoir crié : "Valls, je t'emmerde! "